Tu cherches un chiffre. Tu vas en trouver trois, et ils ne sont pas d'accord entre eux. Ce n'est pas une contradiction : ce sont trois questions différentes. Une fois qu'on les distingue, une étiquette de complément se lit en dix secondes.
Premier chiffre — 300 mg : ce dont tu as besoin
C'est l'Apport satisfaisant (AS) retenu par l'ANSES pour le magnésium chez la femme adulte : 300 mg par jour, toutes sources confondues — assiette comprise.
« Apport satisfaisant » et non « apport recommandé ». La nuance compte : les données ne permettent pas de fixer un besoin moyen précis, alors on retient l'apport observé dans une population en bonne santé. C'est une cible raisonnable, pas un seuil à atteindre à la décimale.
Ce chiffre inclut ce que tu manges. Le magnésium n'est pas rare dans l'alimentation : légumineuses, fruits à coque, céréales complètes, chocolat noir, certaines eaux minérales.

Deuxième chiffre — 375 mg : ce qui sert à calculer les pourcentages sur l'étiquette
C'est la VNR, valeur nutritionnelle de référence, fixée à l'annexe XIII du règlement (UE) n° 1169/2011 : 375 mg pour le magnésium.
C'est une valeur d'étiquetage. Elle est unique pour toute l'Union européenne, identique pour les hommes et les femmes, et elle ne prétend pas décrire ton besoin. Elle sert à une seule chose : rendre les étiquettes comparables.
C'est elle, et rien d'autre, qui produit le pourcentage imprimé sur un pot. Quand tu lis « 200 mg — 53 % des AR », le 53 % est le rapport entre 200 et 375.
D'où le premier réflexe utile : si un produit affiche un pourcentage sans afficher la teneur en milligrammes, passe ton chemin. La loi impose les deux.
Troisième chiffre — 250 mg : le plafond des compléments
Celui-là, presque personne ne l'affiche, et c'est le plus utile.
L'ANSES retient une Limite supérieure de sécurité (LSS) de 250 mg par jour pour le magnésium dissociable et l'oxyde de magnésium consommés sous forme de compléments alimentaires ou ajoutés aux boissons et aux aliments. Cette limite n'inclut pas le magnésium naturellement présent dans les aliments.
Autrement dit : ton assiette n'est pas concernée, ton pot l'est.
Cette limite existe pour une raison prosaïque. À dose élevée, le magnésium apporté par un complément a un effet laxatif. Ce n'est pas dangereux au sens strict, mais ce n'est ni agréable ni utile — au-delà d'un certain apport, l'excédent n'est plus absorbé.
Conséquence pratique : un complément qui annonce 400 ou 450 mg de magnésium par jour n'est pas « mieux dosé ». Il est au-dessus de la limite de sécurité retenue en France pour cette forme d'apport. Le gros chiffre n'est pas un argument de qualité, c'est souvent un argument de rayon.

Les deux mentions que le pourcentage autorise
Le pourcentage ne sert pas qu'à comparer : il conditionne ce que la marque a le droit d'écrire.
| Pourcentage de la VNR | Mention autorisée |
|---|---|
| au moins 15 % | « source de magnésium » |
| au moins 30 % | « riche en magnésium » |
Ces seuils viennent de l'annexe du règlement (CE) n° 1924/2006. Ils ne se négocient pas et ne se reformulent pas. Et surtout : c'est ce même seuil de 15 % qui autorise une marque à écrire une allégation de santé sur le magnésium. En dessous, elle n'a le droit de rien dire.
C'est pour cela que la ligne VNR est le seul endroit de l'étiquette qui ne peut pas mentir.
Ce qu'une marque a le droit de dire du magnésium
Les libellés sont fixés au mot près par le règlement (UE) n° 432/2012. En voici quatre, parmi ceux que ce minéral peut porter :
- Le magnésium contribue à réduire la fatigue.
- Le magnésium contribue au fonctionnement normal du système nerveux.
- Le magnésium contribue à des fonctions psychologiques normales.
- Le magnésium contribue à une fonction musculaire normale.
Trois choses que ces phrases ne disent pas, et qu'aucune marque n'a le droit de leur faire dire : elles ne parlent d'aucune maladie, elles ne parlent d'aucun symptôme particulier, et elles ne parlent pas du cycle menstruel. Aucune allégation autorisée ne relie le magnésium aux règles ou au syndrome prémenstruel. Si tu lis le contraire quelque part, ce n'est pas une allégation autorisée.
Note aussi le sujet de la phrase : c'est le magnésium, pas le produit. Un fabricant est tenu de faire apparaître clairement le nutriment à l'origine de l'effet, pour qu'on ne croie pas que le produit dans son ensemble en est responsable. « Notre formule réduit la fatigue » n'est pas la même phrase, et elle n'est pas conforme.
La forme chimique : ce que ça change, et ce que ça ne change pas
Citrate, bisglycinate, marin, oxyde : les formes diffèrent par leur solubilité et leur tolérance digestive. Deux honnêtetés s'imposent ici.
D'abord, la forme doit être lisible sur l'étiquette, dans la liste des ingrédients. Un pot qui écrit seulement « magnésium » sans dire lequel te cache une information.
Ensuite, aucune allégation autorisée ne distingue les formes. Les libellés du 432/2012 valent pour le magnésium, pas pour un sel en particulier. Une marque qui te vend une forme comme supérieure en termes d'effet sort du cadre — elle peut parler de tolérance et de solubilité, pas de bénéfice supplémentaire.

Récapitulatif : lire une ligne magnésium en dix secondes
- La teneur en mg est-elle écrite ? Sinon, stop.
- Est-elle au-dessus de 250 mg par jour ? Si oui, c'est au-dessus de la limite de sécurité ANSES pour un complément.
- Le pourcentage est-il cohérent ? teneur ÷ 375 × 100.
- La forme chimique est-elle nommée dans la liste des ingrédients ?
- Les phrases de bénéfice ont-elles le nutriment pour sujet, et sont-elles au libellé exact ?
Un exemple, le nôtre
DAILY / rythme apporte 200 mg de magnésium par jour, soit 53 % des apports de référence, en deux gummies. La forme est le citrate de magnésium, écrite dans la liste des ingrédients.
200 mg : au-dessus du seuil de 30 % qui autorise « riche en magnésium », et en dessous de la limite de sécurité de 250 mg retenue par l'ANSES pour un apport par complément. Ce n'est pas le plus gros chiffre du rayon. C'est un chiffre qui tient dans le cadre.
L'importance d'une alimentation variée et équilibrée et d'un mode de vie sain est rappelée. Ne pas dépasser la dose journalière recommandée. Ce produit n'est pas un médicament.
Sources — ANSES, « Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux » · Règlement (UE) n° 1169/2011, annexe XIII · Règlement (CE) n° 1924/2006, annexe · Règlement (UE) n° 432/2012, annexe · étiquette DAILY / rythme, relevé du 2026-09-06.